YAOUNDE VERSUS DOUALA, KRIBI, EDEA, LIMBE...

Publié le par Mame

   

Quand on foule le pays de la rivière aux crevettes pour la première fois, une chance sur trois de manger les grosses gambas bien grillées en guise de baptême culinaire, plutôt une cure de plantains et à tous les sauces... Non pas que je déteste l’illustre banane, mais, jamais, je n’en ai mangé autant. Trêves d’élucubrations gastronomiques !  Bien venue en Afrique centrale. Douala, la deuxième ville du pays, capitale économique et située sous l’aisselle  de l’Afrique, est sans conteste une métropole fourmillante…la verdure est là, les marchés débordent, les rues sont enfiévrées, on cherche un bandit pour le tabasser dans les égouts et si la chaleur pèse, la mangrove n’est pas loin… Quant aux taxis motos, ils grondent, pétaradent et se faufilent entre les taxis caisses jaunes orangés. Un dépôt coûte trop cher : 1000  voire 1500 FCA, sinon, le petit zeb  risque de vous marcher dessus.  Comme il fonçait droit devant, au détour de l’Akwa Palace et du Casino, je me suis dépêchée de monter dans l’engin yougouyougou d’un type pas très enclin à la détente musculaire faciale. Un jeune homme est monté, puis une vieille, un businessman vers les Brasseries du Cameroun ... A Bonanjo, quartier d’affaires, résidentiel et truffé d’hôtels, le taximan se tord la langue avec Maman 500 FCA… Votrre bavardage là…excusez moi !  L’homme d’affaires complète la somme et nous démarrons… Je descends au Sawa, où s’est déroulé le festival Afric Collection… Fashion Week, mannequins en galbe et finesse, reines tropicales, spectacles enchanteurs, robes glamour, Alphadi en pleine forme, mais pas un seul écrivain pour discutailler un peu de mots camerounais et c’est pourtant là que le camerounais est fort ! Affairage, tu dis quoi ? Laisse, on va aller seu-lement. En tout cas, me dit Sébastien, jeune styliste, il faut péeersévérer et ne pas  critiquer à tout va. Tout ça parce que j’avais houspillé une journaliste locale... Autrement, ce n’était qu’une affaire sur fesse de serpent ! Ou mollet de moustique ! Astafourlaï !, lançe  Hyppolite, faiseur de mode du Congo Brazaville. Ce jeune dandy stylé, maîtrise un français, françafricain ? Non, non, laissez moi vous dire,  Mesdemoiselles, vous risquez de vous retrouver comme les américaines, à courir derrière les mecs. Mon frrrère, ça doit secouer ou bien ? lance Ousmane, notre abidjanais. Abidjan, c’est pas comme ça dè ! martèle t-il. Vous blaguez seulement… Votre Rue de la Joie à Deido là, ce n’est rien face à la Princesse… Ma chérie, ce soir on va zouker… Chéee moua, en Guinée, répète Alpha, lentement, en articulant les mots, on ne dit pas ça… Et puis, il laisse  notre conversation. Un appel sur la grève meurtrière du Fouta-Djalon, l’éloigne de notre bavardage dynamique. Et les joyeuses, elles sont où ? dis-je, ignare et intéressée au restaurant La Fringale, où nous mangeons tous les jours avec l’équipe du festival.  Pourquoi, tu veux aller là bas? demande Nanou de Yaoundé. A Yaoundé, je te dis, les mannequins ne sont pas comme à Douala, lâche Johan excitée, mais ce soir, on va sortir ! La miss, et ses copines de la capitale administrative ne cessent de faire le parallèle entre les deux villes. Douala ici, Yaoundé là bas. Mollesse ici, dynamisme des filles là bas. Révoltée les miss Sawa, bamiléké, mais très pros à Yaoundé ! Tout ça, Nanou, assistante de mode, le crie avant de chercher son Hyppolite, plus rhétorique que jamais. Oui chérie…  L’Aristocrate ou bien le Royal ?, fait Nanou en roulant des yeux … Mais dis donc, je ne le sais point… et Bazem de croquer sa brochette de bœuf, le manioc bien moelleux autour, Chef ! Tu as du gingembre ? Plus tard, sur la piste, Ousmane n’en croira ses yeux. Nanou va gâter le coin, remuer le popotin et  dévoiler le string. 100 kg de chair ensorcelante. Le Coupé décalé, c’est fini !  La danse de la grippe aviaire va battre des ailes… L’ambiance est mystique dans la boîte.  On coupe quand même, décalément ! Soulevé, baissé… ça glisse là bas. Sors devant moi ! Tchiip… Les gars, demain ce sera promador…

 

Et Kribi ? Edéa, Limbé ? Bafoussam, Bafang, l’ouest camerounais, qui va le conquérir ? Qui  a parlé des brousses- merveilles et des maquis du pays. Des lézards sauvages et du crocodile des rivières… Le Wouri est là, intense, le port, la mer et ses gros bateaux. Le ciel lourd, l’air coloré, la terre respire, un peu de pluie tombe sur Douala la Belle… Et Joseph Antoine Bell... Mon frrrère, qu’est-ce que tu croyais ?  A part, ma copine Anny Sandjo de STV, chaîne locale et bilingue s’il vous plaît… C gâté… Et  le camerounais maîtrise teellement de langues qu’il ne sait même plus parler noormalement.  Tu disais quoi la Bami ?  Sortir?… Toua ossi, qui a le temps ? On est venu pour travailler non ? Yaako ! Lui, il parle, mais tous les soirs il sort ! Dis donc ?  Regarde moi cette sno-bi-nar-de constipée… Comment elle s’appelle déjà ?, revient Alpha… Les gars ! J’ai travaillé dur toute l’année pour rendre les go surnaturelles… fait Guy… Maintenant c’est Affairage !

 

 

* une petite pensée pour les victimes du crash de la Kenya Airways...

 

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Titus Pullo 19/05/2007 16:16

Il y a comme une affection particuliere pour le Cameroun. Y aurait-il un Serge dans le reel?

daffa 15/05/2007 10:07

haha!!!! Excellent ! J'ai beaucoup rit à la lecture de cette article. J'aime la description imagée et j'ai eu l'impression pendant quelques précieux secondes de me retrouver autour de cette discussion animée et chaleureuse . Vivement la prochaine ville.!!!!A+